La lutte pour mettre fin aux mutilations génitales féminines : des avancées menacées
Dans la plupart des pays où elles sont pratiquées, les mutilations génitales féminines sont en recul, notamment grâce à un travail de plaidoyer soutenu, à des campagnes publiques, à la mobilisation communautaire et à des actions en justice. Les avancées les plus marquées ont été possibles lorsque les survivantes ont pu prendre la parole et lorsque les communautés concernées ont pu mener la riposte. Mais les coupes budgétaires et la résurgence des acteurs anti-droits mettent en péril ces progrès. L’objectif visant à éliminer cette pratique d’ici 2030 est loin d’être atteint. Chaque année de retard expose quatre millions de filles supplémentaires à cette violation flagrante des droits humains.
En août dernier, en Gambie, une fillette âgée d’un mois est morte d’une hémorragie après avoir subi une mutilation génitale féminine (MGF). Bien que cette pratique soit interdite par la loi depuis 2015, près de trois femmes gambiennes sur quatre âgées de 15 à 49 ans ont subi une MGF, dont environ deux tiers avant leur cinquième anniversaire. La Cour suprême gambienne a été saisie afin d’annuler cette interdiction et devrait rendre sa décision dans les prochains mois.
Il s’agit de la deuxième tentative en deux ans visant à légaliser à nouveau les MGF en Gambie. La société civile avait réussi à faire échouer la première. Lorsqu’un projet de loi visant à abroger l’interdiction a été déposé à l’Assemblée nationale en février 2024, le Réseau contre la violence sexiste, une coalition d’organisations de la société civile gambienne, s’est immédiatement mobilisé. Les militants ont diffusé des campagnes publicitaires sur des panneaux d’affichage et dans des émissions de radio, ont fait pression sur les législateurs et ont fait témoigner des survivantes devant l’Assemblée. Ils ont également contré les arguments religieux en obtenant un avis de l’université Al-Azhar du Caire, plus haute autorité en matière d’érudition islamique sunnite, selon lequel les MGF ne sont pas exigées par l’islam. Après avoir été adopté en deuxième lecture, le projet de loi a finalement été rejeté en juillet 2024, évitant de justesse à la Gambie de devenir le premier pays au monde à revenir sur une interdiction des MGF.
Alors que la Cour suprême examine l’affaire, la société civile se mobilise une nouvelle fois. Des associations de défense des droits des femmes font témoigner des survivantes devant la Cour. Mais le harcèlement et les insultes en ligne se sont intensifiés, réduisant certaines survivantes au silence.
Une pratique qui recule progressivement
Aujourd’hui, plus de 230 millions de filles et de femmes vivant dans le monde ont subi des MGF, dont plus de 144 millions en Afrique, plus de 80 millions en Asie et plus de six millions au Moyen-Orient, auxquelles s’ajoutent un à deux millions de femmes vivant au sein de petites communautés autochtones et migrantes qui pratiquent cette tradition à travers le monde. Quatre survivantes sur dix vivent dans des contextes fragiles ou touchés par des conflits, où les services sont saturés et où les programmes de prévention sont peu fiables et susceptibles d’être interrompus. Environ quatre millions de filles subissent encore cette mutilation chaque année.
Dans un rapport publié en mars 2024, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a relevé des progrès réels mais inégaux dans l’éradication de cette pratique. Les MGF sont en recul dans de nombreux pays, et le rythme, bien que toujours lent, s’est accéléré : la moitié de la baisse enregistrée au cours des 30 dernières années a eu lieu au cours de la dernière décennie. Plusieurs pays ont réalisé des avancées majeures, la prévalence chez les adolescentes ayant été divisée par deux ou réduite de plus de 30 points de pourcentage au Burkina Faso, en Éthiopie, au Kenya, au Libéria et en Sierra Leone. Les mentalités évoluent également : environ 400 millions de personnes vivant dans des pays d’Afrique et du Moyen-Orient où les MGF sont pratiquées – soit les deux tiers de la population – déclarent souhaiter la fin de cette pratique.
Dans le cadre des Objectifs de développement durable adoptés en 2015, les États se sont engagés à éliminer les MGF et toutes les pratiques néfastes à l’égard des femmes et des filles d’ici 2030. Les progrès actuels sont loin d’être suffisants pour atteindre cet objectif. Si quelques pays sont en bonne voie, d’autres, notamment la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali et la Somalie, n’ont réalisé aucun progrès significatif. La croissance démographique rapide engendre une augmentation du nombre total de filles et de femmes concernées à hauteur de 30 millions depuis 2016.
Les progrès sont également nuancés par le fait que les excisions ont lieu à un âge plus précoce, ce qui réduit les possibilités d’intervention. On observe également une médicalisation croissante des MGF, les excisions étant désormais pratiquées par des professionnels de santé. Cette pratique est présentée aux parents comme plus sûre et plus hygiénique, ce qui risque de la normaliser et de la perpétuer. Elle donne aux MGF une apparence plus acceptable, mais les MGF demeurent une forme de violence sexiste visant à exercer un contrôle sur le corps des femmes.
La société civile, moteur du changement
La plus grande initiative mondiale visant à mettre fin aux MGF, le Programme conjoint sur l’élimination des mutilations génitales féminines, mené depuis 2008 par l’UNICEF et le Fonds des Nations unies pour la population, estime que les baisses les plus significatives sont observées là où les communautés sont accompagnées pour débattre de cette pratique et s’engager publiquement et collectivement à y renoncer.
C’est là que la société civile joue un rôle décisif. Présent dans 18 pays, le Programme conjoint travaille en partenariat avec la société civile, les gouvernements et les chefs religieux. Il assure la distribution des fonds de l’ONU et assure la coordination, mais les échanges, les prises de parole et le travail de porte-à-porte sont menés au niveau local par des militants, des organisations nationales et des réseaux de survivantes. En 2025, plus de 7,5 millions de personnes ont pris part à des dialogues communautaires, 4,3 millions ont fait des déclarations publiques d’abandon de cette pratique, et plus de 190.000 chefs religieux et personnalités influentes au sein des communautés l’ont dénoncée publiquement. Un engagement soutenu auprès des hautes autorités religieuses a contribué à démanteler progressivement les justifications théologiques dans les pays où celles-ci ont un poids significatif. Plus de 1,2 million d’hommes et de garçons ont également pris part aux activités et environ 1,8 million de filles et de jeunes femmes ont rejoint des programmes éducatifs d’acquisition de compétences et de changement comportemental.
Les services se sont développés en parallèle. En 2025, plus de 2,2 millions de filles et de femmes ont bénéficié de services de prévention et de protection, soit une augmentation de 54% par rapport à l’année précédente, et plus de 560.000 ont reçu des soins de santé, des conseils ou des orientations liés aux MGF, un chiffre multiplié par cinq.
Healing is an essential part of ending harmful practices.
— AfyAfrika (@AfyAfrika) July 21, 2026
We held an Emotional Wellbeing Session for FGM survivors in Entasekera Village, Loita Ward, creating a safe space for healing, resilience, peer support, and hope.#EndFGM #SurvivorSupport #GirlsRights #Future4Binti pic.twitter.com/6OU6lsSq1m
Tactiques de la société civile
Le travail de longue haleine mené au niveau local est à l’origine d’une grande partie des progrès enregistrés sur la question des MGF. C’est notamment le cas en Sierra Leone, où les filles subissent une excision lors des rites d’initiation et où un nombre croissant de militants promeut un autre type d’initiation qui conserve le rituel communautaire tout en supprimant l’excision. Parmi eux figure Nenneh Rugiatu Abu Koroma, dont le travail visant à faire évoluer les mentalités et à promouvoir l’adoption de ce modèle lui a valu le prix allemand Theodor Haecker des droits humains.
Cette même méthode qui consiste à travailler avec les figures d’autorité pour faire évoluer leur position sur cette pratique a porté ses fruits dans la Corne de l’Afrique, où les militants se sont attachés à démanteler la justification religieuse qui cautionne les MGF. Grâce à cette campagne,des érudits islamiques de Djibouti, d’Érythrée et de Somalie ont publié un avis commun en 2025 affirmant que rien dans la foi n’exigeait la pratique des MGF.
Le recours judiciaire est un autre outil efficace dont dispose la société civile. Le 8 juillet 2025, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a jugé que la Sierra Leone avait manqué à ses obligations internationales en ne criminalisant pas les MGF dans une affaire portée par la survivante Kadijatu Balaima Allieu et soutenue par deux organisations, le Forum contre les pratiques néfastes et We Are Purposeful. La Cour a qualifié les MGF de l’une des pires formes de violence envers les femmes et a souligné que, lorsqu’elles sont infligées intentionnellement, elles atteignent le seuil de la torture. Elle a ordonné à la Sierra Leone de légiférer, d’enquêter, de poursuivre les auteurs et de verser une indemnisation à la victime.
La même stratégie est actuellement mise à l’essai en Inde, où des militants ont saisi la Cour suprême pour déterminer si les MGF pratiquées au sein de la communauté Dawoodi Bohra constituent une pratique religieuse essentielle et bénéficient, à ce titre, d’une protection constitutionnelle. Ce sont des organisations dirigées par des survivantes qui ont rassemblé les éléments de preuve qui ont rendu cette affaire possible, dont une enquête révélant qu’environ 75% des femmes bohra avaient subi une excision. Le 7 mai, l’affaire a connu sa première avancée concrète en neuf ans, les juges ayant laissé entendre que cette pratique pourrait être restreinte pour des raisons de santé publique et de moralité.
Des campagnes menées récemment dans une région rarement associée aux MGF ont abouti à une avancée législative majeure. Le 10 juin, après des années de plaidoyer mené par des femmes autochtones, le Sénat colombien a adopté la loi Filles sans ablation, faisant de la Colombie le premier pays d’Amérique latine à interdire les MGF. En Colombie, cette pratique concerne majoritairement la communauté autochtone Emberá, et ce sont les femmes de cette communauté qui ont fait adopter cette loi. Les survivantes et les responsables communautaires œuvrent depuis plusieurs années pour convaincre l’État de considérer les MGF comme une violation des droits plutôt que comme une pratique culturelle acceptable. Le vote final a failli ne jamais avoir lieu. Le projet de loi était en bas de l’ordre du jour et n’a franchi son dernier obstacle que quelques jours avant la date limite, à la veille d’un second tour de l’élection présidentielle que peu de législateurs voulaient perturber.
Les pressions exercées par les militants au niveau régional ont joué en leur faveur. En novembre 2025, l’Alliance des Amériques pour mettre fin aux MGF/E a obtenu la première audition de la Commission interaméricaine des droits humains sur les MGF, au cours de laquelle des survivantes de plusieurs pays, dont la Colombie, ont témoigné et ont appelé les États de la région à agir.
En Europe, le Réseau européen « End FGM » a lancé sa campagne Care in Action au Parlement européen le 5 février. La campagne actuelle s’inscrit dans la continuité de la campagne #Invest2PreventFGM de 2025 qui mettait l’accent sur le financement et la prévention et souligne la nécessité d’intégrer la prévention, la protection et la prise en charge des survivantes au cœur des budgets des services publics du quotidien, plutôt que de les fournir par le biais de financements ponctuels. La campagne se concentre tout particulièrement sur les périodes de vacances scolaires, durant lesquelles les filles en Europe courent le plus grand risque d’être emmenées à l’étranger pour y subir une excision. Elle vise également à reprendre le contrôle du discours lié à la protection face aux mouvements anti-droits, qui exploitent de plus en plus la rhétorique sur les MGF pour s’en prendre aux migrants.
Les réseaux internationaux jouent également un rôle essentiel. La Plateforme d’action mondiale pour mettre fin aux MGF/E rassemble des organisations mondiales et des réseaux régionaux et permet aux militants nationaux d’accéder à des plateformes politiques mondiales desquelles ils seraient habituellement exclus. L’Alliance des Amériques pour mettre fin aux MGF/E a soutenu l’avancée majeure en Colombie, et le réseau End FGM/C Afrique veille à ce qu’une victoire dans un pays serve de levier pour le prochain.
Le mouvement contre les MGF continue d’évoluer. Lors de la conférence « Women Deliver » en avril, les organisations The Girl Generation, Healing Equity United et Sahiyo ont publié une prise de position sur le racisme dans la lutte contre les MGF. Elles soulignent que les militantes noires et métisses sont souvent reléguées à la marge, que les associations de terrain sont considérées comme de simples bénéficiaires passives d’une aide et que les communautés touchées sont réduites à leur seule souffrance. Lors de la session de 2026 de la Commission de la condition de la femme, le réseau européen « End FGM » a reconnu que les organisations dirigées par des survivantes sont systématiquement ignorées dans les processus décisionnels et souffrent d’un manque chronique de financement.
L’évolution juridique et ses limites
Une grande partie de cet effort mené sur plusieurs décennies visait à faire changer la loi, et a largement abouti. L’interdiction est désormais la norme. Des lois pénales contre les MGF existent dans la plupart des pays concernés, et Djibouti et la Guinée ont inscrit cette interdiction dans leur constitution nationale en 2025. Le Libéria, le Mali, la Sierra Leone et la Somalie font désormais figure d’exceptions. Bien que la Somalie ait introduit une interdiction constitutionnelle en 2025, le pays ne dispose toujours pas d’un code pénal national unifié sanctionnant cette pratique.
Mais il existe souvent un fossé important entre ce que prévoient les codes pénaux et la réalité sur le terrain. L’application de la loi, bien qu’en progression, reste limitée. En 2025, le nombre d’arrestations a doublé et les affaires portées devant les tribunaux ont augmenté de 76%, mais seules 711 affaires judiciaires ont été recensées.
La Gambie a interdit les MGF en 2015, mais les premières condamnations ne sont intervenues qu’en 2023, lorsque trois femmes ont été reconnues coupables d’avoir excisé huit fillettes, dont l’une n’avait que quatre mois. Elles ont été condamnées à une amende, payée par un imam influent. Cette affaire a galvanisé la campagne visant à abroger l’interdiction. L’application de la loi reste l’exception. En mai 2026, la Haute Cour a acquitté trois femmes poursuivies pour le décès d’un nourrisson, estimant que le ministère public n’avait pas établi la culpabilité des accusées.
Les militants savent aussi que les interdictions peuvent faire basculer cette pratique dans la clandestinité, poussant les familles à exciser leurs filles plus jeunes afin d’éviter d’être repérées ou à les emmener à l’étranger depuis l’Europe, notamment pendant leurs vacances scolaires. La société civile a commencé à s’attaquer directement à ce contournement de la loi. Un projet au Kenya a notamment utilisé un système d’alerte numérique pour mettre en relation les organisations de terrain, les chefs traditionnels et les centres d’accueil pendant les vacances scolaires et a contribué à protéger plus de 1.f600 filles en identifiant celles en danger immédiat.
Des avancées menacées
Les leviers qui ont permis trois décennies de progrès sont aujourd’hui privés de financement. Ce sont les organisations dirigées par des survivantes et les structures de base qui sont les plus durement touchées et peinent depuis longtemps à obtenir un soutien suffisant malgré leur efficacité.
Le financement du Programme conjoint est passé de 29,6 millions de dollars américains en 2024 à 16,3 millions de dollars américains en 2025. Le démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international a supprimé la plus importante source de financement bilatéral pour la société civile à l’échelle mondiale. Les dépenses américaines en matière d’aide étrangère à l’échelle mondiale sont passées de 68 milliards de dollars américains en 2024 à 32 milliards de dollars américains en 2025.
Le Royaume-Uni était autrefois le plus grand bailleur de fonds individuel pour la prévention des MGF. Il a fourni environ 113 millions de dollars américains sur une décennie, principalement via le programme The Girl Generation. Mais le gouvernement réduit cette aide au profit des dépenses pour l’armement et prévoit de mettre fin au programme en octobre sans dispositif de remplacement annoncé. Des commissions parlementaires ont mis en garde le gouvernement face à cette décision et ont rappelé que la fin de ce soutien mettra des filles en danger, y compris au Royaume-Uni, où environ 137.000 femmes ont subi cette pratique et où les cas sont en hausse.
Les arguments purement économiques ne sauraient justifier la suppression des financements pour lutter contre les MGF. Selon l’Organisation mondiale de la santé, chaque dollar investi dans la prévention rapporte dix fois plus, et un investissement de 2,8 milliards de dollars permettrait d’éviter 20 millions de cas. Le Programme conjoint estime que le traitement des complications sanitaires liées aux MGF coûte 1,4 milliard de dollars par an, alors qu’il en faudrait 2,4 milliards au total pour éliminer cette pratique dans 31 pays prioritaires.
Ce sont les évolutions politiques qui sont à l’origine de cette réduction des financements et fragilisent également la dynamique de lutte contre cette pratique par d’autres biais. En Europe, les partis d’extrême droite instrumentalisent cette pratique pour stigmatiser les communautés migrantes, tout en s’opposant aux politiques de justice de genre qui permettraient d’y remédier. Dans les pays où cette pratique perdure, l’interdiction est de plus en plus présentée comme une contrainte venue de l’étranger qui restreint les libertés culturelles et religieuses. Ces approches ont un point commun : aborder les MGF comme une question culturelle et identitaire plutôt que comme une violation des droits humains fondamentaux.
L’éradication d’ici 2030 est hors de portée. Mais les États attachés aux droits humains peuvent s’associer à la société civile pour protéger le plus grand nombre possible des quelque 22,7 millions de filles estimées à risque. Les États membres de l’Union européenne ont jusqu’au 14 juin 2027 pour se conformer à la directive 2024/1385 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui prévoit l’obligation d’ériger les MGF en infraction pénale autonome. Les MGF sont déjà illégales dans l’ensemble de l’Union, mais la moitié de ses États membres continuent de poursuivre cette pratique au titre du droit pénal général plutôt que comme un crime distinct. Pour avoir un réel impact, les modifications législatives doivent s’accompagner d’un financement destiné à la prévention au sein des communautés et à la prise en charge des survivantes.
Les données probantes sur les mesures efficaces dans la lutte contre les MGF sont claires. Il faut rééquilibrer le soutien en faveur du niveau communautaire, recentrer les systèmes de santé sur la prévention et lui accorder la priorité dans les budgets nationaux, afin qu’elle ne dépende plus de décisions influencées par les aléas politiques des pays du Nord. Sans un soutien durable aux mouvements de la société civile qui sont à l’origine des avancées, aucun nouveau progrès ne sera possible.
NOS APPELS À L’ACTION
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Les gouvernements des États concernés doivent ériger les MGF en infraction pénale autonome, interdire aux professionnels de santé de les pratiquer, financer l’application de la loi et les services d’aide aux survivantes par les budgets nationaux, et résister à toute tentative visant à remettre en cause les protections existantes.
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La société civile doit continuer à mobiliser les communautés et à mener un plaidoyer centré sur les survivantes. Elle doit également engager des contentieux juridiques stratégiques devant les tribunaux nationaux et régionaux, tout en documentant les conséquences des pertes de financement.
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Les bailleurs de fonds et les organisations internationales doivent restaurer et sécuriser le financement des actions de prévention menées par les communautés, orienter les ressources directement vers les organisations locales et celles dirigées par des survivantes, et veiller à ce que les États respectent leurs engagements internationaux.
Pour toute demande d’interview ou d’informations complémentaires, veuillez contacter research@civicus.org
Photo de couverture par Muhamadou Bittaye/AFP


